Y'avait là-bas en Algérie
Un régiment dont les soldats, dont les soldats
A chaque instant risquent leur vie,
Parachutiste souviens-toi, oui souviens-toi
Pour faire partie de cette élite
Il faut bien être un peu cinglé, un peu cinglé
Il faut surtout pas se faire de bile
Savoir bien boire et bien sauter, et bien sauter.
Et après tout qu'est-ce que ça fout
Oui on s'en fout la la la la.
En passant par la portière
Parachutiste souviens-toi, oui souviens-toi
Qu'un jour il pourrait se faire
Malgré toi, oui malgré toi la la la
Qu'après une chute libre,(1)
Tu auras cessé de vivre
Entorché dans l'atmosphère
Tu tomb'ras comme une pierre.
J'ai vu mourir un pauvre gosse
A peine âgé de 18 ans, de 18 ans.
Son parachute s'est mis en torche :
Il est mort en criant Salan, criant Salan !
Je lui ai fermé les paupières,
Recueilli son dernier soupir, dernier soupir.
Et j'ai écrit à sa pauv' mère
Comme un para savait mourir, savait mourir.
Et comme on n'a jamais de veine
Un jour le pépin ne s'ouvrira pas
Sur cette foutue terre Africaine
A cent à l'heure tu t'écraseras.
On te ramassera les côtelettes,
Dans un vieux sac à effets chauds
On dira : "Saperlipopette,
Ce gazier-là n'a pas eu de pot.
On te mettra entre quatre planches
Enveloppé dans ton pépin
Au cimetière de Maison Blanche
Tu seras conduit par les copains.
Sous croix de bois réglementaire
On te mettra dans ton tombeau
Avec les honneurs militaires
Et ce jour-là sera le plus beau.